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Juillet 2013 : les MOOC en Europe

Yves Epelboin, professeur à l’UPMC-Sorbonne Universités

Chargé de mission auprès du Président pour les MOOC

Yves.epelboin@upmc.fr

Evolution des MOOC

Depuis le début de l’année civile le bruit autour des MOOCs n’a cessé de s ‘enfler, les annonces d’université ouvrant des cours se multiplient, les grands acteurs du marché ne cessent de mettre en avant les accords qu’ils ont passé avec des universités, surtout aux Etats Unis, pour faire reconnaître leurs certifications.




Les congrès, séminaires et colloques se multiplient en France comme à l’étranger et les diverses associations universitaires (EUA, LERU, …) prennent ou vont prendre position sur cette nouvelle façon d’enseigner, ses intérêts et ses inconvénients. L’EADTU (European Association of Distance Learning Universities) a organisé une déclaration solennelle de la Communauté Européenne, le 23 avril dernier, OPenupEd [1] et offre un portail pour orienter vers différents MOOC universitaires. Les premières critiques se font jour, aux Etats-Unis, et certains commencent à y dénoncer le mythe d’un enseignement de qualité bon marché. L’espoir qu’ils suscitent suit, comme n’importe quelle technologie moderne, la fameuse « hype curve » du Gartner. Les MOOC ont certainement dépassé le sommet et plongent vers des visions plus réalistes. Ceci semble confirmé dans les dernières études du Gartner [2]. Ceci est confirmé par d’autres experts [3].

Il n’empêche : le phénomène MOOC est présent. Il modifie non seulement les approches de l’enseignement à l’université mais également la perception que le public peut en avoir, dans le contexte de la compétition dans laquelle les établissements d’enseignement supérieur sont engagés pour leur visibilité à l’international.

La vision des MOOC évolue rapidement, les publications sont nombreuses. On pourra consulter, en particulier, les références [4] pour s’en faire une idée. Ce document est également basé sur une participation à plusieurs conférences et congrès et, en particulier « The summit of MOOC stakeholders » tenu à Lausanne, à l’EPFL, les 6 et 7 juin 2013. Cette réunion restreinte, sur invitation, réunissait les acteurs les plus avancés en Europe avec des représentants de edX et Coursera. J’avais l’honneur de représenter EUNIS (European University Information Systems Organization) et l’UPMC.

Des MOOCs partout en Europe

Partout en Europe des MOOCs ont été mis en place, le plus souvent dans la plus grande anarchie. Parfois, vu la façon de les employer, la taille réduite de leur audience, il est difficile de les distinguer de ce que sont des cours classiques exploitant bien les possibilités de leur plateforme d’enseignement conventionnelle. Celles-ci sont d’ailleurs employées par certains MOOCs.

Aux Pays-Bas, par exemple, l’existence d’une organisation structurée comme SURF [5] qui couvre sensiblement tous les domaines du numérique n’a pas empêché l’université d’Amsterdam de lancer son propre MOOC avec la plateforme d’enseignement Sakai. Leiden a choisi Coursera, Delft edX.

En Grande Bretagne, où l’Open University met en place une plateforme MOOC nationale, FutureLearn [6] ni Oxford, Cambridge, Imperial College et quelques autres universités parmi les mieux cotées au niveau mondial, ne l’ont rejointe ; l’université d’Edimbourg, tout en étant membre, a ouvert des cours sur Coursera. Futurelearn est tourné vers la Grande Bretagne et ne semble pas vouloir s’intéresser au reste de l’Europe.

En Espagne un regroupement s’est fait, sous le nom Miriada [7], avec le support de compagnies privées (Santander Bank et Telefonica), tourné vers l’Amérique du Sud de langue espagnole. Ceci n’empêche pas d’autres initiatives comme celle de l’UNED (Universidad Nacional de Educacion a Distancia) [8] avec sa propre plateforme.

En Allemagne, comme dans d’autres pays, les actions se passent dans le désordre : une dizaine de MOOCs sont ouverts ou en préparation, employant les plateformes les plus diverses, Coursera pour TU Munich, Ludwig-Maximilians U, Munich par exemple, ou des solutions locales. En Autriche Innsbrück et Gratz sont sur les rangs. Un consortium, Iversity [9], a reçu un financement de plus d’un million d’euros de plusieurs agences gouvernementales. Dans leur catalogue, étrangement, on met en avant les cours sans trop savoir de quelles universités viennent les professeurs.

Au Danemark 8 universités réfléchissent à un MOOC, Copenhague négocie avec Coursera. En Italie Sapienza a rejoint Coursera…

En France quelques établissements ont conclu un accord avec Coursera, un cours a été mis en place avec Sakai, sous l’égide du Ministère de l’Enseignement Supérieur, et des universitaires dynamiques ont ouverts des MOOC avec les moyens les plus divers.

On ne distingue encore nulle part, en dehors de la Grande Bretagne, une volonté ou une initiative nationale, sauf en Pologne peut-être, autour du Supercomputing Center de Poznan mais leur initiative ressemble plus à une base de données de cours en ligne qu’un MOOC.

Une profusion de solutions techniques

Les plateformes d’enseignement classiques (Moodle, Claroline, Sakai,…) ne sont pas employées dans les MOOC massifs, à l’exception de Sakai mais de façon marginale. Ceci s’explique pour plusieurs raisons :

  • Nécessité d’une bonne tenue en charge pour toutes les fonctions disponibles. Les LMS (Learning Management Systems) n’avaient pas été envisagés pour des dizaines de milliers d’étudiants dans un même cours et certaines fonctionnalités cessent tout simplement de fonctionner.
  • Dimension sociale du MOOC : de nouvelles fonctionnalités sont nécessaires pour travailler entre pairs, se juger entre étudiants et obtenir des accréditations progressives (badges). Les LMS classiques reproduisent fidèlement les rôles classiques (étudiants, assistants, professeurs) et ne permettent pas de gérer ces échanges pairs à pair. C’est là leur plus grand manque.

Ces défauts pourraient être dépassés et ces plateformes sont malgré tout employées dans le cas de MOOCs à effectif petit (moins de 10 000) mais aucune ne s’est vraiment placée dans ce nouveau domaine.

Les principaux acteurs sont :

  • edX [10], seconde fondation américaine parmi les plus connues, après Coursera, qui a rendu son code source public
  • Class2go de Stanford, qui a démarré très fort sur les MOOCs et qui vient de fusionner avec edX
  • Coursera [11] qui ne distribue pas son code, qui se veut élitiste, et dont la fondation a des visées commerciales
  • Course Builder [12] de Google car ce géant ne pouvait pas être absent de ce chantier de l’information ; le code est disponible.
  • OpenMOOC, code ouvert développé pour l’UNED, déjà citée.

Cette liste n’est pas limitative, de nouvelles initiatives ouvertes ou commerciales, se font connaître tous les jours. Partout en Europe, en Allemagne, en Espagne, en France et ailleurs de nouvelles solutions sont annoncées : un champ entier s’ouvre pour la formation tout au long de la vie et les MOOC représentent une opportunité nouvelle tant pour les développeurs que pour les entreprises de formation continue. Quelles plateformes l’emporteront ? Il est impossible de le dire aujourd’hui. Parmi les plateformes privées, nul doute que les grands du secteur (Blackboard, Instructure,…) voudront leur part mais de nouveaux acteurs comme Google et d’autres entreprises,  leaders dans le monde des nouvelles technologies sont à l’affut.

Quand aux plateformes ouvertes, edX a pris de l’avance avec le ralliement de Stanford à cette solution et le choix de l’Open source. La décision se fera notamment sur la capacité des communautés à s’organiser et à s’internationaliser. N’oublions pas cependant que ces outils sont jeunes. Ils sont donc encore relativement pauvres en fonctions pédagogiques, par rapport aux plateformes d’enseignement classiques (Moodle, Sakai, Claroline…), et leur capacité à innover rapidement dans ce domaine sera un facteur décisif. Leur seule avance, peut-être, est dans une réflexion pour mettre de l’intelligence dans la notation automatique des étudiants dans les tests et les devoirs mais ce point est très controversé et plus un sujet de recherche qu’un outil exploitable [13]. On peut s’attendre cependant à des avancées rapides dans une personnalisation des parcours d’enseignement basée sur l’analyse du comportement individuel des étudiants [14]. C’est l’une des ambitions les plus intéressantes de l’effort fait aujourd’hui autour des analyses des données de l’apprentissage (Learning Analytics [15]).

Ces outils sont vus comme un choix temporaire, non définitif, en attendant qu’un « processus darwinien » sélectionne les meilleures plateformes. Tous les acteurs sont prêts à en changer, en fonction des opportunités et des évolutions, sous-estimant d’ailleurs le coût de ce portage.

Les choix stratégiques, une politique Européenne ?

Lorsqu’on interroge les acteurs des MOOC en Europe, comme ce fût le cas au « European MOOC Stakeholder Summit » [16] il est clair qu’aucun d’entre eux ne voit de raison de se regrouper autour d’un site unique et d’une plateforme régionale, nationale ou Européenne. Adhérer à Coursera ou edX, par exemple, est vu essentiellement comme un moyen d’accéder à une visibilité internationale efficace. Tout au plus voit-on un certain intérêt à construire des portails de référencement communs comme OpenupEd [17].

Les responsables Européens du Directorat Général pour l’Education et la Culture sont très prudents et ne voient pas la perspective d’une initiative Européenne pour construire une organisation commune analogue à edX, même si la déclaration du 23 avril 2013 [1] pouvait donner l’impression du contraire. Bruxelles s’intéresse aux MOOC et organise des séminaires mais agira plutôt dans la ligne classique d’appels à projets pour la construction de contenus de cours communs entre universités. Tous recommandent d’agir au niveau national, en ce qui concerne les plateformes. Seuls les britanniques et les espagnols, comme nous l’avons mentionné précédemment, se sont déjà engagés dans cette voie, à la date où ce document est écrit.

Or le temps presse. Faut-il aller vers les consortiums américains et risquer, comme certains l’expriment, de se dissoudre dans une culture et une langue qui n’est pas celles des nations Européennes ? Le choix est-il d’essayer seul ou à quelques uns de monter une plateforme ? Le paysage des MOOC est aujourd’hui, comme l’exprime bien M. Cisel [18], un vrai Far West !

Des MOOC, pour quoi faire ?

L’approche des MOOC, en Europe, est très différente de celle des Etats Unis. Alors que ces derniers y voient d’abord un changement de paradigme économique [19], les universités Européennes s’intéressent à modifier leur approche pédagogique de l’enseignement, de façon à rendre les étudiants plus actifs. Les apprenants, au cœur du dispositif, doivent travailler par eux mêmes et rencontrent régulièrement leurs enseignants pour faire le point et préciser certaines notions d’où l’introduction de la notion de pédagogie inversée (flipped learning) où l’apprenant est et le principal acteur de son apprentissage. Ainsi l’EPFL supprime progressivement ses cours magistraux de 1ère année et les remplace par des MOOC. Le responsable du programme reconnaît que ce changement d’attitude ne se fait pas aisément et que les étudiants ne sont pas toujours enthousiastes. Les cours en amphithéâtre continuent à exister parallèlement aux MOOC et la transition, si elle se fait, sera douce. Rien n’est encore définitif.

Un second usage est celui des cours de remise à niveau pour des étudiants qui entrent à l’université ou qui doivent passer à nouveau les examens qu’ils n’ont pas réussis. Il en est de même pour l’acquisition des connaissances de base nécessaires à certains enseignements. Jusqu’à présent la seule aide offerte était une bibliographie de documents et de livres à consulter et les étudiants étaient laissés à eux-mêmes. La formule du MOOC apporte un progrès car elle ne prétend pas remplacer un enseignement classique complètement tutoré mais le compléter.

Pour différentier ces approches des cours massifs américains on a introduit le vocable de SOOC (Small Online Open Course) ou TORC (Tiny Online Restricted Course). Coursera, par exemple, fournit deux instances : la première, privée, pour usage interne, connectable à un ENT, la seconde pour le public extérieur.

L’ouverture vers un public plus large, hors les murs, massif, n’est donc pas ce qui intéresse en priorité les Européens : c’est une plus value pour faire mieux connaître leur institution donc un outil de communication dans la compétition internationale. Cette plus value a néanmoins un coût car un MOOC requiert un minimum de personnel pédagogique pour suivre les participants. L’aspect massif est envisagé comme un moyen de reconnaissance de l’institution qui ne demande qu’un investissement supplémentaire raisonnable.

L’EPFL y ajoute une troisième vision : coincée entre les espaces germanophone et français, ils visent à développer leur bassin de recrutement vers l’Afrique francophone. De ce point de vue elle se rapproche de la vision des universités américaines pour qui l’usage des nouvelles technologies a toujours était un moyen d’élargir leur bassin de recrutement. La meilleure preuve en est que les meilleures universités américaines proposent des bourses aux étudiants qui ont le mieux réussi leurs cours dans un MOOC, enseignement qui ne leur délivre aujourd’hui qu’une simple certification, bien loin du diplôme de ces mêmes universités.

Environnement du MOOC

Structure des MOOC

On peut décrire l’environnement de fonctionnement d’un MOOC en quatre couches :

  1. L’environnement des serveurs informatiques et de l’outil logiciel.
  2. Le support technique autour de la plateforme.
  3. Le support pédagogique central de la plateforme, en liaison étroite avec les informaticiens.
  4. Le support pédagogique local, dans chaque université, pour aider les enseignants à réaliser et à faire fonctionner les cours.

Explicitons :

  1. Un cours MOOC doit fonctionner sur une plateforme virtuelle dans le cloud. C’est la seule méthode pour supporter les variations de charge à un coût raisonnable car cela permet d’augmenter ou diminuer le nombre de serveurs en fonction du nombre d’usagers connectés, nombre plus important au début et variable en fonction du jour et de l’heure. Sinon on est obligé de disposer à l’avance de la puissance en réserve, ce qui est très onéreux.
  2. Une plateforme MOOC nécessite du personnel informatique de bon niveau pour en assurer le fonctionnement. Gérées dans le cloud, ces plateformes virtuelles permettent de minimiser le nombre de spécialistes. Le rôle de ce personnel est non seulement d’assurer les conditions d’une bonne production mais également d’ouvrir les instances virtuelles pour chaque cours (un cours = une instance).
  3. Il faut des ingénieurs pédagogues, placés près des informaticiens, pour former, guider et conseiller les formateurs dans chaque université. Ils sont un échelon fondamental pour permettre aux informaticiens de faire fonctionner les plateformes dans les meilleures conditions pour les cours. Ce corps doit interagir à distance avec les universités et former les formateurs locaux.
  4. Dans les universités un appui TICE (ingénieurs pédagogiques, personnel pour le filmage et la médiatisation) doit exister ou être créé pour accompagner les enseignants.

Les consortiums américains (Coursera, edX,,…) fournissent les points 1 et 2, et, contre paiement le point 3, voire une réalisation complète mais pour un prix qui peut atteindre 250 000 $ !

Dimension économique du MOOC

La dimension économique du MOOC ne doit pas être négligée, même en Europe. Les droits d’inscription n’ont rien à voir avec ceux des Etats-Unis mais le financement des Etats sera forcément limité, dans les années à venir, et ne pourra pas suffire aux besoins. Le problème des coûts est en réalité déplacé des étudiants vers les établissements et la nation mais reste entier. Les MOOC sont-ils une solution pour aider en ce sens en permettant d’assurer un enseignement de qualité à un moindre coût ? Rien n’est moins sûr. Les universités qui en ont déjà l’expérience, annoncent des chiffres extrêmement variables. Le coût du matériel (essentiellement pour la vidéo) est rapidement négligeable et s’amortit très vite avec la multiplication des enseignements. Il n’en est pas de même pour le personnel, tant de support technique et pédagogique que des enseignants qui sont souvent, jusqu’à présent, tout ou en partie volontaire et donc, peu ou pas comptés. Ceci explique en partie pourquoi les coûts annoncés varient de 20 000 € à plus de 200 000 € pour construire un cours, sans compter la maintenance annuelle. Ce serait deux à trois fois le coût d’un enseignement classique en amphithéâtre [20] mais cette estimation ne prend pas en compte l’efficacité des deux approches qui est également discutée.

Les MOOC connectivistes (c-MOOC), construits sur les outils disponibles dans le cloud (youTube, Google docs,…) sont souvent en dessous de cette évaluation mais il s’agit, pour leurs animateurs, de véritables apostolats. L’étude économique des MOOC reste à faire.

Chaque université doit réaliser ses cours, ce qui nécessite des moyens humains et matériels dont toutes ne disposent pas. Rappelons que la diffusion massive d’un cours, ce qui est la base d’un MOOC, exige des documents de qualité et que ce qui est acceptable en interne, pour une diffusion restreinte, ne l’est alors plus. Ceci est particulièrement vrai de la vidéo où les cours filmés nécessitent d’être refaits pour être chapitrés correctement.

Les vidéos de cours ne doivent pas dépasser 10-15 mn. Ceci signifie qu’un cours déjà filmé tel qu’ils sont présentés dans les universités aujourd’hui conviendra rarement et qu’il faudra le capturer à nouveau. A l’EPFL, par exemple, on estime que la réalisation d’une heure de cours en vidéo nécessite quatre heures de prise de vue, avec le professeur, et 36 heures de montage. Les estimations sont du même ordre de grandeur à l’UPMC. Il faut également médiatiser et illustrer les documents. Selon leur complexité, leurs illustrations et le domaine scientifique, cela peut demander de nombreuses heures de travail par des spécialistes. Le recours à des documents libres, OER, permet de minimiser ce travail mais il est toujours nécessaire de créer des documents originaux. Il faut également construire le parcours pédagogique, rythmé par des tests et des devoirs. Tout ceci est un travail d’équipe, un projet à part entière, qui nécessite de nombreuses personnes de qualification complémentaire.

L’EPFL estime à six mois le temps nécessaire entre la décision de réalisation et la mise à disposition d’un cours. Une université ne pourra donc basculer dans les MOOC qu’un nombre limité de cours par an.

Les universités Européennes les plus riches et les plus avancées, dans le domaine des TICE, pourront réaliser au mieux quelques MOOC chaque année mais l’investissement matériel et humain essoufflera rapidement la plupart d’entre elles. Une aide extérieure, mutualisée entre établissements et financée par ailleurs, serait la bienvenue. Si, de plus elles doivent faire fonctionner une plateforme pour un accès massif disponible 24h/24, 7j/7, elles s’épuiseront rapidement. On peut douter être capable de faire mieux que des établissements richement dotés comme l’EPFL ou Stanford qui recourent à des prestataires extérieurs, notamment pour la plateforme.

En résumé aucun modèle économique n’est encore établi et les résultats seront probablement différents selon les organisations nationales de l’Enseignement Supérieur.

Conclusion

Il nous semble illusoire de vouloir gérer sa propre plateforme MOOC seul ou à quelques universités seulement. Les efforts nécessaires à la réalisation des cours sont déjà aux limites de ce que peuvent fournir la plupart des universités Européennes et il vaut mieux qu’elles se concentrent sur leur propre métier, l’éducation. Les établissements les mieux dotés ne s’y sont pas trompés et délèguent la gestion et l’accès de la plateforme à une organisation extérieure.  Comme il ne semble pas qu’un consortium Européen voit le jour à court terme et que les grandes associations d’universités (EUA, LERU,…) n’ont pas arrêté de politique ni envisagé des moyens pour un tel objectif, le choix est donc entre les consortiums américains et la création de consortiums régionaux ou nationaux. Ce choix est politique parce qu’un cours MOOC porte d’abord le label de son institution avant celui du consortium qui l’héberge.

Aujourd’hui, seule la Grande Bretagne a annoncé un consortium national. Qu’en sera-t-il dans les autres pays d’Europe ? Selon les cultures et les organisations de l’Enseignement Supérieur, les solutions seront diverses mais on imagine que les Etats auront un rôle à y jouer. Des organisations comme TERENA [21], EUNIS [22] pourraient y trouver leur place si elles sont transnationales.

Les universités, candidates à ouvrir des MOOC, devront, quelque soit le consortium retenu, obéir à une charte de qualité, ce qui signifie qu’il faudra qu’elles soient conscientes des moyens qu’elles devront mettre en œuvre pour la réalisation et le fonctionnement de leurs cours. Ces moyens ne sont pas négligeables. L’économie du MOOC n’est pas encore connue mais un MOOC a un coût et toutes les universités ne disposent pas des moyens et du savoir faire nécessaire.

Le phénomène MOOC a dépassé le sommet de la « hype curve » du Gartner. Des critiques se font jour aux Etats-Unis, tant sur le modèle économique que pédagogique. Il est possible que, dès l’automne, un certain nombre d’universités Américaines tendent vers un modèle qui rejoigne le modèle Européen. Les cours massifs n’en garderont pas moins leur importance, tant pour promouvoir la réputation des institutions qu’élargir leur bassin de recrutement.

Ce modèle pourrait s’inspirer de celui mis en place par l’université virtuelle de Bavière [23] où des universités viennent chercher les cours qu’elles n’ont pas les moyens d’organiser elles-mêmes. Mais ceci est un autre développement à venir.

Ouvrir des MOOCs est d’abord une décision politique, à prendre selon le pays, au bon niveau de décision. Cette volonté doit être accompagnée de financements dont la forme dépend de l’organisation nationale de l’Enseignement Supérieur. 

Bibliographie  

[1] : http://europa.eu/rapid/press-release_IP-13-349_en.htm Annonce du lancement des premiers MOOC paneuropéens au niveau universitaire, 23/04/2013

[2] EUNIS 2013, Riga, intervention de Jan-Martin Lowendahl, Riga, Lettonie, 13/06/2013

[3] Richard Katz, ancien vice-président de la recherche (ECAR) à Educause, conversation personnelle le 13/06/2013

[4] En particulier :

-       The MOOC newsletter : lettre journalière sur abonnement http ://www.mooc.ca

-       Références (en français) :  http://www.intercoop.info/index.php?title=Autour_des_MOOC

[5] SURF : http://www.surf.nl/en/Pages/default.aspx

[6] FutureLearn : http://futurelearn.com/

[7] Miriada http://miriadax.net/

[8] UNEDCOMA http://unedcoma.es

[9] Iversity : http://www.iversity.org

[10] edX : http://www.edx.org

[11] Coursera : http://www.coursera.org

[12] Course  Builder : https://code.google.com/p/course-builder/

[13] John Markoff, « Essay-Grading Software Offers Professors a Break »,  NY Times, 4/04/2013

http://www.nytimes.com/2013/04/05/science/new-test-for-computers-grading-essays-at-college-level.html?pagewanted=all&_r=3&

[14] Voir par exemple l’annonce de Fujistsu et du MIT sur une nouvelle plateforme « Guided Learning Pathways, http://www.fujitsu.com/ca/en/news/pr/fla_20130617.html

[15] UNESCO, Policy Brief « Learning Analytics, Novembre 2012, http://iite.unesco.org/pics/publications/en/files/3214711.pdfhttps://docs.google.com/viewer?url=http://iite.unesco.org/pics/publications/en/files/3214711.pdf&embedded=false&chrome=false&dov=1https://docs.google.com/viewer?url=http://iite.unesco.org/pics/publications/en/files/3214711.pdf&embedded=false&chrome=false&dov=1https://docs.google.com/viewer?url=http://iite.unesco.org/pics/publications/en/files/3214711.pdf&embedded=false&chrome=false&dov=1

[16] « European MOOC Stakeholder Summit, http://moocs.epfl.ch/eu-mooc-sommet, Lausanne, 6-7 juin 2013

[17] OpenupEd, portail des MOOC Européens : http://www.openuped.eu/

[18] Mathieu Cisel, « Bienvenue au Far West », Educpros, 1/07/2013, http://blog.educpros.fr/matthieu-cisel/2013/07/01/mooc-bienvenue-au-far-west/

[19] Yves Epelboin « MOOC une vision Européenne », décembre 2012, http://wiki.upmc.fr/x/PYCP

[20] Tony Bates, « on e-learning from the University of Ottawa » 8/06/2013,

  http://www.tonybates.ca/2013/06/08/a-report-on-e-learning-from-the-university-of-ottawa/

[21] TERENA, « The Trans-European Research and Education Networking Association », http://www.terena.org

[22] EUNIS, « European University Indormation Systems Organization », http://www.eunis.org

[23] Université Virtuelle de Bavière (en anglais) :

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